Un viral est une conséquence, pas une stratégie.

Je le dis depuis longtemps et j’espère bien me voir apparaître dans un dictionnaire de citations :

Le mal de notre époque c’est de transformer l’analyse d’une anecdote en bonne pratique.

Je m’explique.

Vous connaissez ce qu’est un viral ? Si ce n’est pas le cas, cessez d’écouter les reprises d’Entre chiens et loups et connectez avec votre époque !

Donc les viraux ne datent pas d’hier, mais on les connaît surtout depuis la déclinaison du concept sur ce medium merveilleux qu’est l’Internet.

Ce qui m’énerve particulièrement depuis quelques années, c’est de voir des « experts » analyser et décortiquer ces « phénomènes » et tenter de les convertir en recettes.

Ils développent des supposés guides du type pas-à-pas vous promettant de révolutionner vos campagnes.

Le problème, c’est qu’un effet viral ne se fabrique pas. Il prend vit de lui-même. On peut toujours EXPLIQUER pourquoi il a eu lieu dans un contexte post-mortem, cependant une explication n’est jamais le gage d’une éventuelle prédiction.

Un viral s’explique mais ne peut pas se planifier.

On peut faire des efforts pour qu’il se propage. Une grande entreprise peut, à coup de millions en placement média, balancer assez agressivement et efficacement son ratio de portée et de fréquence sur un grand territoire et aider ainsi à enflammer la propagation du pathogène multimédia, mais au final c’est l’écosystème qui décide.

Le public est une entité vivante avec ses faiblesses mais aussi avec son système immunitaire. On peut avoir programmé notre viral en version H1N1 puissance 10, il y a une quantité infinie de variables qui font en sorte que l’infection se propage ou demeure au niveau d’une petite fièvre à peine perceptible.

Vous remarquerez aussi que les plus virulents et contagieux sont souvent les trucs les plus petits et insignifiants. Un peu comme des rhumes médiatiques : inoffensifs, ils arrivent sans prévenir. Ils ne font rien de graves mais ils se propagent incroyablement bien.

Les insignifiances voyagent aisément.

Cependant n’allez pas croire qu’il est possible de les planifier car pour un seul viral réussi, il y a des centaines de milliers d’insignifiances qui ne contamineront jamais personne.

La propagation s’explique toujours, mais ne se prédit jamais.

Un viral est une conséquence, pas une stratégie.

 


Combat contre le cynisme

Le monde de la publicité est toujours en mouvance. C’est une industrie qui doit promouvoir sans cesse l’innovation ou l’impression qu’il y en a une. Comme simple exemple, on arrive encore à vendre l’idée qu’un savon à lessive lave plus blanc qu’avant ou qu’un savon à vaisselle repousse toujours plus de graisse avec une seule goutte. Cette quête infinie à dénicher l’innovation partout a de sérieuses répercussions sur ce milieu.

Le paysage est bombardé d’une quantité de gurus, de prédicateurs, de spécialistes ou blogueurs qui jouent aux devins. On dirait qu’ils s’amusent tous, enflammés comme des diables, à être le premier à trouver la solution miracle. À croire qu’ils rêvent de voir un jour leur nom dans le dictionnaire comme ayant été le sauveur de la pub ou je ne sais quoi…

The advertising industry is one of the trendiest industries in the world. As soon as an idea, a gimmick, or a fad becomes publicized, it immediately becomes ubiquitous. It was just a few years ago that every campaign had to have a street team, a flash mob, and a podcast attached to it. Now these are seen for the stupid contrivances they were. But at the time, it was heresy to be negative about them. If you questioned their value you « just didn’t get it » or you were a « Luddite dinosaur. » The pressure in the ad world – the pressure to believe what everyone else believes, to talk like everyone else talks, to do what everyone does – is oppressive and, if this is possible, even worse than high school.

Bob Hoffman

Le doute n’a pas vraiment sa place en publicité. C’est un milieu où une hypothèse devient vérité simplement parce que tout le monde en parle. On appuie le tout avec quelques cas d’espèces et voilà, une nouvelle solution miracle est née.

Tout va trop rapidement pour prendre le temps de vérifier. On verra plus tard…

C’est le bordel et cela m’a affecté parce que je suis un amoureux de la pub. Le plaisir d’aider un client à se définir, à faire mieux, à vendre plus, c’est stimulant.

Bref, voilà quelques années je suis devenu un peu cynique. Ce n’était pas sain et au final mon approche n’était pas bonne.

Je traitais la pub comme une cause.

Comme si je devais défendre la « vraie pub ». Plutôt pompeux comme attitude me direz-vous et je serai bien d’accord. Je suis descendu de mes grands chevaux, je vous le jure.

J’ai cessé de voir uniquement de la mauvaise foi dans toute cette folie. La mauvaise foi existe, mais il y a plus souvent de bonnes intentions avec apparence de mauvaise foi.

À partir de là j’ai compris que chacun, même les gurus ou illuminés de la pub, faisait ce qu’il croyait être la chose à faire.

Comme eux je devais cesser d’aller à contrecourant et simplement faire et dire ce que je crois juste et efficace.

Comme la tendance le veut : on verra plus tard si j’avais raison. Les résultats parlent toujours.

Having said all that, the most important thing you can learn from me is that the way I succeeded was by helping my clients sell a lot of stuff. All the rest is chit-chat.

-Bob Hoffman


Toune du vendredi #4

Beaucoup de deuils à faire cette semaine… Messieurs Metz, Gravel et William nous quitte à quelques heures d’intervalle.

En plus de l’actualité internationale qui ne donne pas du tout envie de sourir.

Le monde ne tourne jamais rond mais parfois c’est plus évident à observer.

Malgré tout, c’est vendredi et un peu de bonne humeur dans tout ce gris ne peut qu’aider !

Merci à Marc Desjardins pour cette découverte ce midi !

 


Toune du vendredi #3

Un petit scotch en main, hier, ma copine et moi repassions quelques musiques de l’époque où on s’est connu.

De mon côté j’écoutais beaucoup The Faint à ce moment-là.

Et par « beaucoup » je veux dire tout le temps !

Je sortais du Collège Salette et tous mes projets de design s’étaient fait sous le rythme de leurs albums.

Pour aujourd’hui, j’hésitais entre Southern Bells in London Sings, Birth ou Paraonia Attack…

Finalement, j’ai flanché pour I Disappear parce qu’elle sonne parfaitement bien pour un vendredi.

Bonne fin de semaine !


Toune du vendredi #2

Love Death Immortality est un album que j’écoute ridiculement souvent…

Je dois avouer que la période musicale actuelle où les « chuchoteux » et la musique vaporeuse (et soporifique) prennent d’assaut pas mal tout le paysage de la nouveauté, The Glitch Mob est énergique et juste assez accrocheuse pour rythmer ma route et ma maison, alors ça me fait du bien !

Tout l’album est excellent, mais je choisis de publier particulièrement cet extrait parce que, durant les premières écoutes, ma plus vieille croyais que la chanteuse disait son nom dans la chanson. « Oui papa, elle dit You Aby ! Écoute ! »

Ça me rend d’autant plus de bonne humeur.😉

Bon vendredi et bonne fin de semaine!


7 leçons de ma (jeune) carrière

Je dépasse déjà ma première décennie de vie professionnelle.

Quand je parle de vie professionnelle, ça n’inclut pas les petites « jobines » à temps partiel du cégep qui nous servent à payer notre alcool de party (pour les plus chanceux) ou le beurre de peanut et le pain des lunchs pour la semaine (pour beaucoup d’autres).

Je parle de la carrière qu’on se bâtit en quittant les bancs d’école. Celle qui colle à notre CV pour sensiblement le reste de notre vie.

J’ai été dans toute sorte d’emploi à tout de sorte d’endroit : graphiste dans l’industrie de la mode, dans le monde des annuaires en ligne, plongé dans la frénésie d’une agence de pub puis le secteur du jeu vidéo de l’IFE et maintenant dans le milieu de l’affichage dynamique et de la gestion de l’expérience d’accueil et d’attente de la clientèle (le titre est long, mais c’est fascinant !).

Tant de réalités différentes m’ont donné la chance d’avoir un bagage très varié et disparate.

Par contre, l’essence de ce que j’ai appris m’aide dans n’importe quelle situation.

J’ai réussi à synthétiser le tout en 7 grands thèmes qui se lient tous l’un à l’autre :

1- La bonne place, c’est là où tu avances

Rester ou partir ? La fameuse question qui revient à un moment ou à autre pour chacun de nos emplois. Ce n’est jamais facile de savoir.

Avec le temps, on finit par être la proie du confort, de la résignation et de la routine. Ces filtres voilent notre jugement et dans un élan d’optimisme on croit souvent que ce sera mieux ailleurs.

Ce qui est rarement le cas…

Nous plafonnons partout où nous allons (vraiment partout !) et c’est normal. C’est pourquoi il faut prendre conscience de ce que notre emploi arrive à nous donner.

Tant que notre emploi nous aide à devenir meilleurs dans une discipline qui nous intéresse, il faut rester.

Ma façon d’y voir clair se base sur un graphique assez simple :

 

diagramme_partirOuRester

Il faut tout prendre ce que notre emploi peut nous donner et non pas lui laisser la chance de tout nous prendre et puis partir.

2- Chacun son chemin

J’aime beaucoup ces conférences où ces gens viennent nous raconter leur histoire et nous conseiller selon leur vécu.

C’est inspirant et divertissant à la fois.

Par contre, ce que je n’arrive pas à tolérer ce sont ces gens qui viennent nous dire que nous pouvons tous réussir exactement comme eux. Que nous ne sommes pas différents.

Je l’ai fait, vous aussi vous le pouvez ! Croyez en vos rêves et vous y arriverez !

Euh… ta gueule ?

La conclusion ne sera jamais la même pour nous que pour un autre. Même si on croise des problèmes semblables et même si on y croit pas mal fort, l’échec pend au nez de tout le monde de la même façon.

For every self-satisfied loudmouth selling this bullshit there are a thousand people just as capable and just as dedicated who failed.

– Bob Hoffman

Le succès c’est le résultat du plus beau bordel qu’on peut construire. Rien de plus. La seule chose à faire c’est avancer et se préparer à se relever.

3- Tout découle de la tête

Peu importe l’équipe avec laquelle on travaille, le résultat dépend toujours des différentes têtes dirigeantes.

Ce n’est pas juste selon mon vécu. C’est le cas à tous les coups !

Steve Jobs, c’était un véritable enfoiré avec un trouble narcissique de la personnalité, non ? Allez, dites, oui vous le savez autant que moi. Aussi despotique il était, il a toujours encouragé la créativité et le cassage des dogmes.

C’était un con, mais il s’est entouré de gens brillants et les a laissés lui livrer des trucs incroyables.

C’était ça, Apple, autrefois.

Dans ma carrière, j’ai travaillé avec des gens incroyables…

J’ai vu des talents gaspillés, maltraités et sous-estimés parce que les gens qui étaient supposément des leaders ne donnaient aucune direction.

Et pour ceux qui sonnaient l’alarme, on les faisait taire assez raide.

On les traitait en paria. Pourtant, ils étaient officiellement les meilleurs alliés de ces gestionnaires.

Il arrive parfois de tomber sur des employés plus difficiles que d’autres. Des gens qui ne veulent pas coopérer et qui se croient au-dessus de tout.

C’est vrai…

Par contre, quand cette culture négative et confrontante s’étant à l’entreprise entière, ce n’est plus une question d’employé récalcitrant, mais de dirigeant.

4- Sans tactiques, les stratégies ne sont que du vent

Faisant suite au point précédent, ces mêmes leaders étaient souvent de très bons orateurs.

Un beau vocabulaire, de la bonne syntaxe et une tonalité parfaite. Ils arrivaient toujours à transmettre leur vision et à motiver les troupes avec leur passion et leur fougue.

Ils savaient comment partager leur vision et rallier les gens à eux.

Puis la rencontre finissait.

Chacun retournait à son bureau gonflé à bloc « Ça y est, ça débloque ! Ça va être malade ! »

Les jours passaient et aucun plan de match n’arrivait.

On savait où nous voulions aller, ça oui ! Mais de quelle façon ? Par où commencer ?

Des initiatives se prenaient. Les approbations en hauts lieux n’arrivaient pas. L’intérêt s’éminçait…

Jusqu’à disparaître…

La vision, c’est ce qui nous permet de voir par où on va, mais sans tactiques pour entreprendre la route on ne va jamais nulle part.

 

5- L’entregent avant la compétence

Ce qui est important de retenir c’est que la majorité du temps, la question qu’un employeur se pose devant l’interviewé c’est « Est-ce qu’il cadre bien dans l’équipe ?»

N’importe quel gestionnaire préfère quelqu’un d’un peu moins compétent mais motivé à apprendre plutôt qu’un expert à la tête forte qui prétend tout savoir.

Si ce n’est pas le cas, vous ne voulez pas travailler pour ce gestionnaire de toute façon, alors…

On ne peut pas juste conserver un emploi parce qu’on est gentil ou sympa, c’est vrai, par contre savoir connecter aisément avec les gens m’a toujours laissé la chance de prouver mes compétences sur le terrain et non pas pendant une rencontre.

Je suis pas mal certain que cela ferait la même chose pour tout le monde.

Mais personne ne nous apprend ça quand on cherche un emploi…

6- On peut tout faire

La majorité des gens sont portés à focaliser leur carrière autour des seuls compétences qu’ils pensent avoir.

Évidemment, cela fait en sorte que ces personnes deviennent des experts de leur domaine. Bravo !

Cependant, pour les experts que j’ai rencontré, le même problème demeure: ils ont peu de tolérance à la nouveauté et au changement.

Une expertise se construit toujours sur un moule. Personne n’y échappe.

Apprendre et avancer uniquement dans notre domaine ne nous sort pas suffisamment de notre zone de confort.

Pourtant, c’est exactement hors de cette zone que l’expérence se construit de façon exponentielle.

Parce qu’on se sent mal, on ne veut pas que ça dure, alors étrangement on apprend à être plus efficace.

Puis ce qui est magnifique, c’est que lorsque nous réussissons à passer haut la main la situation inconfortable, nous sommes déjà mieux préparé pour la prochaine fois.

Cet inconfort diminue et notre compétence s’élargie.

C’est magique.

confortZone

7- Sans discipline, une méthode disparaît. Sans méthode, le talent disparaît

À notre époque, « Il y a une application pour ça » et ça… Et ça aussi… Y en a une pour tout!

C’est un problème parce qu’au final notre intérêt à toujours vouloir optimiser nos méthodes fait qu’on passe plus de temps à chercher la nouvelle bébelle qui est sortie et qui est supposément plus efficace, au lieu de conserver le plus longtemps possible une méthode qui peut s’adapter indépendamment de l’outil qu’on choisit d’utiliser.

Il y a des centaines de méthodes qui se valent les unes des autres. L’ingrédient principal manquant à chacune d’elle, c’est la discipline de s’y tenir.

Cette partie, c’est nous qui devons l’assurer.

Cette discipline, quand on réussit à la mettre en pratique nous transforme en élément indispensable.

Mais c’est difficile… Je n’y suis pas encore parvenu, je dois avouer.

Par contre, j’ai vu des gens qui y sont arrivés et c’est superbe les voir aller.


La toune du vendredi #1

Pour ceux qui m’ont connu dans mon temps de blogueur plus assidu (avant d’avoir des enfants, bref!), j’avais ma petite tradition de publier La Toune du Vendredi. C’est de retour !
Je ne suis pas un chroniqueur de Pitchfork alors il ne faut pas s’attendre à de la grosse découverte. J’écoute la musique pour l’ambiance qu’elle apporte dans des moments précis.

Le samedi matin, après que les petites aient mangé, c’est mon petit moment tranquille de la semaine. Je mets un peu de musique en arrière-plan dans ma cuisine et pendant qu’elles s’amusent, moi je lis La Presse+ avec un bon café.

Le matin, j’aime que cela soit rythmé mais tout de même pas trop entreprenant.

Le dernier de Chromeo est un excellent réveil-matin, mais j’ai particulièrement accroché sur les nouveautés de Pompeya depuis samedi dernier.

Pour ceux qui en veulent un peu plus, voici ma playlist du matin. Un projet en démarrage à peine qui grandit peu à peu et quelques propositions de votre part seront toujours les bienvenues !

Bon matin et bon café!